
Le 14 septembre 2000 (11 h 40 HAE) No 233
LE MINISTRE AXWORTHY LANCE LA COMMISSION INTERNATIONALE DE L'INTERVENTION ET DE LA SOUVERAINETÉ DES ÉTATS
Le ministre des Affaires étrangères, M. Lloyd Axworthy, a lancé aujourd'hui la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des États (CIISE). La création de cette commission est une initiative canadienne qu'avait annoncée le premier ministre Chrétien dans son allocution à l'Assemblée générale de l'ONU durant le Sommet du millénaire qui s'est tenu à New York, le 7 septembre 2000.
« Dans son Rapport du millénaire, le secrétaire général des Nations Unies a mis la communauté internationale au défi de résoudre le problème fort complexe de la souveraineté des États et de la responsabilité internationale, a déclaré M. Axworthy. Le programme de sécurité humaine du Canada consiste justement à donner la priorité aux personnes. Nous créons cette commission pour relever le défi lancé par le secrétaire général et ainsi assurer que l'indifférence et l'inaction dont la communauté internationale a fait preuve au Rwanda et à Srebrenica ne soient plus une option valable. »
Le gouvernement du Canada a nommé deux coprésidents de stature internationale, qui sont chargés de diriger le processus, à savoir M. Gareth Evans, ancien ministre des Affaires étrangères d'Australie et président actuel de l'International Crisis Group, et M. Mohamed Sahnoun, conseiller spécial du secrétaire général des Nations Unies pour les questions relatives à la Corne de l'Afrique.
La CIISE fera appel à l'expertise d'un distingué groupe de commissaires dont les opinions représentent un large éventail d'expériences et de perspectives, qu'il s'agisse du Nord et du Sud ou des dimensions juridiques, politiques, éthiques et opérationnelles de cette épineuse question. Pour obtenir les avis les plus éclairés, la Commission collaborera en outre avec un réseau d'universitaires, d'experts et d'organisations non gouvernementales du monde entier.
Le Conseil consultatif, présidé par M. Axworthy et formé de personnalités éminentes provenant des quatre coins du monde -- notamment des ministres actuels ou retraités ainsi que des personnes des milieux universitaires et oeuvrant dans les domaines humanitaire et juridique -- servira d'organe de référence à la Commission. Mme Soledad Alvear, Mme Hanan Ashwari, le très honorable Robin Cook et Son Excellence Giorgos Papandreou, entre autres, feront partie des membres du Conseil. Le Conseil constituera l'organe de référence de la Commission : il assurera une supervision stratégique de son travail, facilitera le débat à l'échelle mondiale et ralliera de larges appuis politiques aux travaux de la Commission. Les membres du Conseil veilleront à ce que les gouvernements, les institutions et les membres de la société civile intéressés accordent un très grand appui à la Commission. Le président du Conseil assistera aux réunions de la Commission et contribuera à ses travaux. Une fois les travaux terminés, les membres du Conseil consultatif défendront les intérêts du rapport afin que l'élan politique nécessaire à la mise en oeuvre des recommandations soit maintenu.
Inscrit dans la foulée des travaux de la Commission, le gouvernement canadien encouragera un dialogue politique ouvert et transparent au cours des prochains mois. M. Axworthy a lancé le processus hier à l'occasion d'une réunion au cours de laquelle il a mis ses collègues au courant de l'initiative. Il a en outre cherché à obtenir leur appui afin de favoriser les échanges de points de vue sur toutes ces questions.
La Commission a pour but d'élargir le débat et d'encourager la création d'un consensus politique mondial sur les façons de trouver des solutions durables. Devant l'urgence de la situation et le caractère actuel du débat, la Commission a reçu un délai d'un an pour achever ses travaux. Elle fera connaître ses constatations et recommandations sur les mesures à prendre au ministre canadien des Affaires étrangères et le Canada en informera la communauté internationale à l'occasion de la 56e Assemblée générale des Nations Unies en 2001.
« Le droit ou la responsabilité des pays d'intervenir dans d'autres pays lorsque les droits de la personne semblent être gravement menacés est peut-être le sujet le plus troublant et le plus difficile à l'ordre du jour de la politique internationale, a indiqué le coprésident Gareth Evans. L'initiative que prend le Canada en créant cette commission nous donne l'espoir de rallier un nouveau consensus Nord-Sud. Je m'estime privilégié d'y participer. »
« J'ai eu à faire face très concrètement à diverses situations en Afrique qui ont nécessité l'intervention de forces sous l'égide des Nations Unies, a ajouté le coprésident Mohamed Sahnoun. Les problèmes moraux, juridiques, opérationnels et politiques sont effectivement fort complexes. J'entends collaborer avec les autres membres de la Commission pour tenter d'accroître l'efficacité de ces opérations qui, dans le passé, ont été le plus souvent menées à la pièce. Je félicite le Canada de son initiative. »
« Nous sommes reconnaissants d'avoir obtenu un fort appui politique et financier de la part des fondations Carnegie, MacArthur et Rockefeller pour la mise en oeuvre de cette initiative, a conclu le ministre Axworthy. La communauté internationale connaît bien la vision et le caractère de chef de file de ces fondations. L'appui qu'elles accordent à la Commission démontre une fois de plus leur courage à déployer des efforts intellectuels et politiques qui ont pour but d'améliorer les conditions humaines et favoriser la dignité humaine. »
Pour plus d'information, prière de visiter le site Web de la Commission internationale de l'intervention et de la souveraineté des États, à l'adresse : http://www.ciise.gc.ca
Un document d'information sur la CIISE, la liste des membres de la CIISE et les notes biographiques des coprésidents figurent en annexe.
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